Préparer une sortie : la météo

Et oui, c’est la première information à regarder ! S’il pleut, on ne va pas en canyon. Donc si la course choisie est dans une zone de précipitation, le mieux c’est encore de changer d’espace géographique.

Mais prendre la météo du jour n’est pas suffisant. Il faut également s’informer de la météo des jours précédents. En effet, s’il a plu à torrent un, deux ou trois jours avant la sortie, le débit n’aura pas forcément baisser. Pire, suivant la taille et la configuration du bassin versant, la crue peut advenir quelques jours après les fortes précipitations.

D’un point de vue météorologique et pour simplifier, avant de partir sur une course, il faut vérifier l’absence de fortes précipitations sur la bassin versant du canyon.

8 mm de pluie par heure ? mais ce n’est rien du tout ! Pourquoi on y va pas ?

C’est une donnée qui peut être difficile à percevoir. Sans doute parce que l’unité des millimètres fait partie des plus petites unités que nous utilisons quotidiennement … Mais il faut bien avoir en tête la totalité de l’information.

Quand nous parlons de 8 mm, nous parlons en réalité de 8 millimètres par mètre carré et par heure. En langage clair, cela signifie qu’en 1 heure il est tombé 8 L d’eau sur notre mètre carré.

Alors, pourquoi on y va pas ? Parce que dans l’hypothèse où le bassin versant de notre canyon ferait 20km², cela signifierait une augmentation du niveau d’eau en 1h de : 20 000m² x 8 mm = 160 000m³. C’est l’équivalent de 64 piscines olympiques… Toujours envie d’y aller ?

Pour illustrer cela voici 2 photos du canyon de Chalamy en vallée d’Aoste (source en lien des photos).

Suivant le niveau de compétence du canyonneur, les caractéristiques du bassin versant, Le profil et de l’encaissement du canyon, certains seront tentés de jouer avec les 2 premiers niveaux du tableau ci-dessus. Pour un débutant, il est préférable de ne pas tenter le diable est d’attendre de belles conditions. Savoir renoncer est l’une des règles les plus importantes en montagne. Le canyon sera toujours là dans le futur, ne sois pas frustré !

Une fois que nous avons pris la météo en amont de la sortie, nous n’avons fait que la moitié du boulot ! En effet, le jour j, au départ du canyon et tout au long de celui-ci, il faudra toujours avoir un œil attentif sur le ciel.

Si les modèles météorologiques tendent à s’améliorer, il faut toujours mettre en doute l’information prise. Les nuages sont de bons indicateurs des changements météorologiques. Si l’on observe un ciel sans nuages ou parsemés de petits cumulus alors la configuration est bonne. Le cumulus étant des nuages de beau temps, il n’annonce pas de risque immédiat de dégradation climatique. Cependant, s’il les cumulus se rassemblent et se développent verticalement jusqu’à ressembler à une sorte de mastodonte de coton voire en forme d’enclume, là, il convient de trouver une issue rapide au canyon car l’orage est imminent.

Il n’est pas impossible d’aller canyoner lorsque le ciel est globalement nuageux. Cela nécessite une excellente prise d’informations météos, une très bonne connaissance des techniques de canyoning ainsi qu’une expérience avérée dans la gestion du gros débit. Dans ce cas, il faut être d’autant plus attentif à l’évolution des nuages. Il faudra également être très prudent quant au sens du vent qui va permettre de déterminer si la masse nuageuse inquiétante va venir vers nous ou au contraire s’éloigner. Quoi qu’il en soit, quand il y a un doute, il n’y pas de doute, on renonce et on y retournera quand il y aura une meilleure météo.

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