Les cotations

Avec le développement de l’activité et afin d’aiguiller les pratiquants, il est devenu nécessaire de classer les canyons selon leur difficulté.

De part la variété des obstacles possiblement présents, il a été jugé pertinent de classer les courses selon 3 critères principaux. Pour chacun, l’échelle évolue de 1 (le plus facile) à 7 (le plus difficile).

Le premier, la verticalité (exprimé en chiffre arabe), juge, comme son nom l’indique, le caractère vertical. L’échelle de difficulté augmente en même temps que le nombre, la hauteur ainsi que l’accès des différents rappels. Attention, confusion fréquente avec le critère suivant : ce caractère augmente aussi si les rappels sont particulièrement arrosés.

Par exemple, les canyons ne nécessitant aucunement l’usage de corde comme Chérant amont en Savoie seront côté en V1. A contrario, des canyons avec une grande verticale de 150m plusieurs fois, fractionnée, comme le Ruzand en Isère, sera côté en V5. Enfin, prenons pour exemple Tine des fonds Aval en Haute-Savoie pour illustrer la subtilité mentionnée en fin du paragraphe précédent. C’est un canyon ayant des rappels qui n’excèdent pas 10 mètres mais dans lequel nous descendons souvent dans l’actif avec un débit conséquent présentant un danger constant. Il peut donc être coté en V6.

Le second, le caractère aquatique (exprimé en chiffre arabe), juge le temps passé dans l’eau, le nombre et la difficulté des obstacles liés à cet élément. Dans les faits, ce facteur va évoluer en fonction de la taille et de l’engagement des sauts, des toboggans mais aussi des portions de nage ou de la présence de syphon. Ce n’est pas tout, le critère prend également en compte le temps passé dans l’eau et la perte calorifique que cela entraine. Enfin, le caractère aquatique va également évoluer en fonction de la puissance du courant rencontré et de la présence de mouvement d’eau dans les vasques.

Reprenons nos 3 exemples ci-dessus. Chérant amont est un parcours en rivière, la partie nage est continue dans un courant modéré. Ce canyon présente également des sauts possibles tout au long du parcours. Tout ces éléments peuvent justifier un caractère aquatique en A4. Le Ruzand quant à lui ne présente pas de vasque, de nage, de sauts ou toboggans cependant la progression dans un courant qui peut être fort nous amène à coter ce canyon en A2. Pour finir, dans le cas de Tine des fonds Aval, c’est à la fois la puissance du torrent et les forts mouvements d’eau dans les vasques qui induisent une cotation en A6.

Le troisième et dernier caractère de cotation d’un canyon est l’engagement (exprimé en chiffre romain). Ce critère est défini en fonction du temps de parcours du canyon et de la possibilité de se mettre à l’abri d’une augmentation rapide du débit (mise hors crue).

Chérant amont est un canyon facile, il présente quelques courts passages avec des parois inaccessibles sur les deux rives. Sur le reste du parcours, il est possible de sortir régulièrement de l’eau et de « s’échapper » du canyon. Son engagement est donc EII. Le Ruzand présente peu d’échappatoire. On considère que la mise hors crue prendrait 1h au maximum et qu’il faudrait au pire 2h pour s’échapper du canyon. Par ailleurs sont temps de parcours est estimé à 5h en moyenne. Cela explique un EIV. Enfin, Tine des fonds Aval est un parcours présentant une grande partie sans échappatoire et durant lequel la mise hors crue est particulièrement difficile. En ajoutant à cela un durée de course entre 5h à 6h, le canyon a été jugé en EVI (la plus haute note sur ce critère).

Comme nous venons les 3 critères permettant de classer les canyons. A l’écrit ou à l’oral nous assemblerons ces facteurs dans l’ordre suivant : Verticalité/Aquatique/Engagement.

Nous pouvons donc parler de nos exemples de canyon comme suit :
Chérant amont : 1.4.II
Le Ruzand : 5.2.IV
Tine des fonds Aval : 6.6.VI

Les débits d’eau étant variable tout au long de l’année, il est important de paramétrer le contexte de cotation des canyons. La FFME, explique ce cadre comme suit :

« La cotation vaut pour un débit ordinaire, correspondant à la période habituelle de pratique, donc à niveau relativement bas,
sans être forcément à l’étiage.
Elle est calibrée pour un groupe de 5 personnes, en situation de découverte du canyon (à vue) et dont le niveau de
pratique est en adéquation avec le niveau technique du canyon.
Elle s’entend pour une pratique habituelle et raisonnée, dans un souci de sécurité et d’efficacité des
déplacements (une recherche personnelle d’augmentation de difficulté ne rajoutera rien à la cotation initiale)
« 

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