Le matos du canyonneur autonome

Tu as découvert le canyon il y a peu ? tu adores sauter dans les vasques et
les descentes en rappel vertigineuses ? En bref, tu veux continuer et aller
vers l’autonomie ? Ce petit article présente ce qui est, selon moi, le matériel
indispensable pour le canyonneur autonome.

Le matériel obligatoire : de la tête au pieds

Le casque : 
Il est impératif de porter un casque lors de ta pratique du canyoning pour 2
raisons principales.
1) Le style incomparable qu’il te procurera.
2) Il va grandement participer à garantir ta sécurité.
En effet, c’est grâce à lui que tu évites le pire quand ça parpine ! c’est également lui qui préservera ton joli minois en cas de glissade inopportune, de saut mal exécuté ou encore des potentiels obstacles subaquatiques. En France, les casques doivent respecter la norme européenne EN 12492, qui garantit leur conformité aux exigences de sécurité en termes de protection contre les chocs et les impacts. La durée de vie d’un casque est généralement de 10 ans s’il ne reçoit pas de chocs. Si cet EPI de premier ordre est endommagé, qu’il a subi un impact ou s’il présente des signes d’usure évidents, il doit être remplacé immédiatement, quelle que soit sa durée de vie prévue.

La combinaison :
Combicombar, quel que soit le petit nom que tu lui donnes, il faut la choisir avec précaution et la chérir tout au long de sa vie ! Et oui c’est grâce à elle que tu seras bien au chaud, ou suivant ta course, que tu n’auras pas trop froid … Et crois-moi la nuance est importante !
Il existe 3 grandes familles de combinaison : les humides, les semi-étanches et les étanches. Par défaut, je ne parlerai pas des combinaisons étanches qui, selon moi, s’adresse à un public relativement expérimenté pour qui la saison de canyon s’étend de Janvier à Décembre. Il nous reste donc les humides et les semi-étanches. Petite explication des deux modèles :
Les combinaisons humides sont conçues pour permettre à une fine couche d’eau de pénétrer à l’intérieur de la combinaison, entre la peau et le néoprène. Cette eau est ensuite chauffée par le corps, créant une couche isolante qui te garde au chaud. Elles sont idéales pour les eaux tempérées (fin de printemps, été, début d’automne). Bien qu’elles ne soient pas étanches, elles offrent une protection contre le froid, le vent.
Les combinaisons semi-étanches sont conçues pour minimiser au maximum la pénétration d’eau principalement via des joints d’étanchéité (col, poignets, jambes) qui empêchent l’eau de pénétrer à l’intérieur de la combinaison. Elles offrent donc une meilleure isolation thermique que les combinaisons humides. Elles sont plutôt utilisées dans des eaux froides (fin d’automne, hiver, début de printemps). 

Le choix final dépendra de la température de l’eau spécifique à ton canyon et de ta tolérance au froid.

Dans tous les cas, il vous faudra choisir votre combinaison selon 3 grands critères :
– L’isolation thermique afin d’éviter l’hypothermie. Pour cela, l’épaisseur du néoprène ainsi que le style de la combinaison (monopièce/double pièce) est à prendre en considération. Pour une utilisation de mars à novembre, j’utilise une combinaison humide double pièce en 5mm. L’avantage de la double pièce, c’est qu’elle est constituée d’un long john et d’une veste. Cette configuration permet d’avoir 5mm de néoprène sur les membres et 10mm au niveau du torse. A l’inverse, une combinaison monopièce sera constituée de néoprène 5mm sur tout le corps.
– La protection : Ce n’est pas nouveau, en canyoning, on se traine partout ! Contre les parois rocheuses, les arbres et les copains ! Il faut donc choisir une combi avec de bons renforts principalement au niveau des parties les plus exposées aux chocs : genoux, fesses et coudes. Cela évitera aussi de la trouer dès la première sortie.
– La flottabilité : critère qui n’est pas à prendre à la légère ! Certains canyons sont très « nageant », ou dispose de vasques avec de forts mouvements d’eau ! Dans ces cas-là un peu plus de flottabilité peut faire la différence.

Le baudrier :
Le baudrier ou baudar est un autre élément essentiel du parfait canyonneur autonome. Il joue évidement un rôle crucial dans ta sécurité. C’est, entre-autre grâce à lui que tu enchaineras les rappels sans efforts ! En canyoning, nous privilégierons les baudriers spécifiques à l’activité qui se distinguent des autres par le pontet horizontal, plus adapté aux rappels, et par sa culotte, qui nous permet de dévaler les toboggans naturels sans avoir peur de finir avec une mise à nu de notre arrière train.

Les chaussons néoprène :
Je ne pense pas qu’il y ait besoin de s’étendre sur cet équipement qui permet un confort thermique supplémentaire. A enfiler avant les chaussures et pas l’inverse.

Les chaussures de canyon :
Même si de veilles chaussures de trail font l’affaire dans un premier temps, les chaussures de canyon spécifiques offrent une meilleure adhérence sur sol glissant. C’est un avantage non négligeable à la fois en confort de progression et de sécurité. Certaines procurent également un confort thermique supplémentaire grâce à une couche de néoprène. Enfin, elles maintiennent la cheville en cas de torsion.

Le matériel obligatoire : sur le baudrier

Les mousquetons de sécurité :
Les mousquetons de sécurité sont des éléments cruciaux de l’équipement en canyoning, utilisés pour relier divers composants tels que le baudrier, les longes ou encore les descendeurs. Les « mouskifs » ou « skifs » sont, au même titre que le casque des EPI. Ils doivent donc impérativement répondre aux normes de sécurité minimales de l’Union  Européenne et, au mieux, aux normes de l’UIAA.

Ces mousquetons sont généralement fabriqués en aluminium ou en acier inoxydable, assurant une résistance à la corrosion et une bonne durabilité. Les deux types principaux de mousquetons de sécurité sont les mousquetons à vis et les mousquetons automatiques.
Mousquetons à vis : Ces mousquetons disposent d’une vis sur le doigt, permettant de le verrouiller manuellement.

Mousquetons automatiques : Ces mousquetons ont le grand avantage de se fermer automatiquement lorsqu’ils sont relâchés. Ils offrent une notion de confort et de sécurité supplémentaire car ils peuvent palier à un oubli de verrouillage. Ils permettent également un gain de temps qui peut être important notamment lors de progression sur des mains courantes multipoint. Nous ne sommes jamais à l’abri d’un dysfonctionnement, il est donc essentiel de s’assurer qu’ils sont correctement fermés pour éviter tout risque d’ouverture inopinée.

Le descendeur et son mousqueton de sécurité :
Ah ! La vaste question du descendeur ! On ne compte plus les modèles qui se battent pour profiter un peu du gâteau ! Le choix du descendeur est sans doute ce qu’il y a de plus personnel quand on s’équipe. Il faut les essayer et choisir celui qui nous convient le mieux.

Nous pouvons cependant mentionner le descendeur en 8. C’est le système le plus ancien mais aussi le plus simple d’utilisation. Selon moi, il est nécessaire de maitriser à la perfection ce descendeur car c’est le plus commun. En cas d’oubli, de perte, il n’est pas rare qu’un canyonneur ait un 8 en rabe. Avantage de la solidité et de la simplicité, inconvénient de la modularité. En effet, avec le 8, une fois que nous avons choisi notre freinage, il n’est plus possible de le modifier (exception des mousquetons de renvoi). Le double 8 a été créer dans le but de palier à cette problématique mais il est relativement long ce qui peut réduire le confort.

C’est là que les descendeurs à griffe comme l’ATK, le Piranha ou le Kong ont leur intérêt. Relativement petit, ils permettent d’adapter le freinage en fonction du diamètre de la corde et de la hauteur du rappel, et cela tout au long de la descente.

Pourquoi c’est intéressant ? si nous prenons un rappel de 80m en exemple. Au début (jusqu’à – 20m) la corde sera « lourde », le poids de la corde va générer une tension, la corde coulissera lentement dans le descendeur, il faudra donc moins de freinage qu’à l’accoutumé. Plus bas entre -20m et -50m, la distance de corde jusqu’au sol est moindre. Il y a un peu moins de tension dû au poids de la corde, nous aurons donc besoin d’un freinage « normal ». Enfin pour la dernière partie, il n’y a presque plus de tension, la corde file vite dans le descendeur, nous aurons donc besoin d’un tour de frein supplémentaire.

Il existe aussi des descendeurs à poulie qui, initialement créer pour la spéléologie, ont l’avantage de ne pas vriller les cordes sur la descente. Cependant, en plus d’être souvent encombrant, leur utilisation en tant que débrayable en butée n’est pas optimale.

Enfin nous pouvons évoquer les descendeurs à puits qui sont majoritairement prisés par nos amis grimpeurs. La prise en main est facile mais ils ne permettent pas de moduler le freinage ni d’être utilisé comme système débrayable en butée. Ils ne sont quasiment jamais utilisé en canyon.

Les longes et ses mousquetons de sécurité :
Sur une main courante ou au relai, elles nous raccrochent à la vie !
Elle sera nécessairement en corde dynamique pour atténuer les chutes. Elle sera également double, c’est à dire composée de 2 brins, un court et un long dont l’utilité sera développée dans un autre article. Elle pourra être réglable comme les systèmes proposés par Petzl ou Beal, ou alors fixe. Il est bien sur possible de l’acheter toute faite ou alors de la « faire maison ».

Le SAR :
Le SAR ou Système Auxiliaire de Relai est un bout de corde dynamique avec un mousquetons de sécurité à chaque extrémité d’environ 1,5m qui peut être utilisé dans de nombreuses situations. C’est un élément qui sera entre-autre employé pour relier des points, sécuriser un passage, agrandir sa longe ou encore rendre plus confortable un relai.

Le SAR est un élément indispensable et personnel qui est soumis aux préférences de chacun. Certains préféreront un SAR plus long ou plus court ou encore avec un seul mousqueton de sécurité.

Le système débrayable :
Le système débrayable le plus commun est le descendeur en 8. Il rempli parfaitement son rôle de part sa simplicité et sa rapidité de mise en place. Le gros point positif, c’est qu’en cas de perte du descendeur principal, le système débrayable peut facilement prendre sa place. Il a cependant l’inconvénient en cas de mauvais positionnement de pouvoir coiffer l’amarrage et donc de se coincer.
Certains descendeurs sont également conçu pour être positionné en débrayable, c’est par exemple le cas de l’ATK mais les griffes, ergots ou dimensions du descendeur peuvent accentuer les risques de coincement.
Il existe un outil appeler 9 qui, positionné en tant que système débrayable à le gros avantage d’être autobloquant. Cela signifie que si l’équipier au relai venait, pour une raison ou pour une autre à lâcher la corde, cette dernière se bloquerait dans le 9 et la vie du coéquipier dans le rappel ne serait donc pas en danger. Mais comme toutes les autres options, cet outil a également ses inconvénients. Le premier d’entre eux vient de son principal avantage… En effet, si la gorge permet le blocage de la corde, elle l’empêche donc de coulisser correctement pour donner du mou dans un contexte standard. Comme pour les descendeurs, le choix est très personnel et réside dans les préférences de chacun.

La dégaine :
Je ne dirai pas qu’elle est essentielle cependant une dégaine légère apporte du confort lors de la mise en place de certaines techniques, pour sécuriser un débrayable en butée par exemple. Une dégaine avec mousquetons de sécurité vous permettra de déporter un relai (système suspendu) facilement.

La partie secours :
On aura besoin d’un bloqueur ventral qui sera accroché au niveau du pontet ou de la ceinture du baudrier suivant les baudriers et les préférences. On aura également besoin d’un bloqueur de poing. Celui-ci sera généralement accroché à l’une des longes (celle qui est réglé à la taille du bras). J’ai également sur mon baudrier, une sangle, un ficelou avec pour chacun son mousqueton de sécurité. Il est également nécessaire de toujours avoir un couteau à porter de main, que ce soit en situation d’urgence ou pour couper le saucisson à la fin de la course, il doit avoir sa place sur ton baudrier.

A nouveau, il n’y a pas de règle absolue, ce sera à toi de jauger le matériel que tu juges nécessaire en fonction de tes connaissances et de tes compétences.

Le matériel obligatoire : Le sac et dans le sac

Le sac :
Il est existe de tout les volumes, de toutes les couleurs et de toutes les formes. Je conseille un minium de 40L. En effet, de nombreux canyons demandent une marche d’approche et il est bien plus confortable de la faire en ayant tout son matériel (baudrier, combinaison,…) à l’intérieur du sac.

Le bidon étanche :
Toujours utile pour garder au sec le casse-croute, le point chaud ou la trousse de secours. En 6L pour un grande contenance, en 3,5L pour les canyons plus courts.

Le masque :
Un masque ? en canyon ? et oui ! On adore sauter dans les vasques ou profiter des toboggans naturels mais si tu ne vas pas voir ce qu’il y a sous l’eau avant de te lancer éperdument dans ta recherche d’adrénaline, tu risques d’avoir de mauvaises surprises ! Les vasques évoluent, elles s’engravent, se désengravent, les crues peuvent y apporter des troncs, ou des blocs. Donc : on envoie toujours quelqu’un vérifier la profondeur et l’absence d’obstacles !

La partie secours :
Cela fait partie du matériel collectif ! Avant de partir avec tes potes, assures-toi d’avoir toujours un point chaud, une trousse de secours et quelques vivres de courses dans le bidon. Le point chaud va nous aider à maintenir la victime à l’abri de l’hypothermie en attendant les secours. Il est constitué d’une source de chaleur, généralement une grosse bougie, d’un briquet et d’au moins une couverture de survie. La trousse de secours va permettre d’intervenir en cas de blessure. Il va falloir trouver le bon compromis entre le poids, l’encombrement et l’efficacité. Enfin, les vivres de course, vont permettre d’éviter l’hypoglycémie et de donner un coup de boost en cas de fatigue.

La corde à couper et les maillons rapides :
Dans l’idéal, il s’agit d’une corde dynamique afin d’absorber le choc si l’un des deux points de l’amarrage lâche. On peut également l’utiliser autour d’un arbre ou d’un rocher pour descendre sur amarrage naturel. En général, la corde à couper est semi-statique car elle provient de corde de canyon tonchée pendant l’activité. Elle a ensuite été coupée en plusieurs morceaux de 2 à 5m afin de remplir son nouveau rôle. On ajoute également dans le sac, un ou deux maillons rapides pour faire face à ces situations.

La corde :
Si tu veux jouer les Spiderman dans les cascades, la corde est un élément fondamental de l’équipement en canyoning. Fabriquées à partir de matériaux robustes tels que le polyester, le nylon ou l’aramide, les cordes utilisées en canyoning sont spécialement conçues pour résister à l’abrasion, aux conditions humides et aux charges importantes. Les cordes en canyoning sont souvent semi-statique pour mieux absorber une partie de l’énergie lors de rappels ou … des remontées sur corde ! Elles offrent ainsi un certain confort au pratiquant. 

Une réponse à « Le matos du canyonneur autonome »

  1. Avatar de Quelle corde pour la progression en canyon ? – ADN Canyoning

    […] La corde dynamique doit donc être bannie des canyons ? Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! On en utilise ! Mais pas pour la progression, uniquement pour la confection des longes et du SAR (on en parle ici). […]

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