Préparation de la sortie : le bassin versant

Qu’est ce que c’est ?

Le bassin versant est une des notions les plus importantes dans la préparation d’une sortie alors tout simplement qu’est ce que c’est ?

Comme tu t’en doutes l’eau des canyons ne vient pas de nul part. Elle coule tranquillement des hauteurs des montagnes (ou de ses entrailles – milieux karstiques) pour arriver jusque dans notre terrain de jeu. Le bassin versant représente donc la totalité (taille et morphologie) des terrains, des zones géographiques, qui alimentent le canyon en eau. C’est un périmètre, on l’exprime donc en kilomètre carré (km²).

Etudier le bassin versant d’un canyon revient à étudier l’écoulement de l’eau ainsi que tous les facteurs qui l’influencent.

Bon … Ok, mais pourquoi c’est si important ?

C’est important car cela nous nous aidera à comprendre comment le débit va évoluer en cas de précipitations et donc d’estimer la faisabilité du canyon à un instant T.

Comment délimiter un bassin versant ?

Dans la théorie, c’est facile ! Il faut prendre une carte en relief de la zone géographique du canyon et tracer au stylo un trait continu en reliant tout les versants susceptibles de ruisseler dans le canyon comme l’eau s’écoulerai dans un entonnoir. Une fois que nous avons refermé notre zone, il faut en calculer le périmètre. Calculer le périmètre d’un tracé à main levée sur une carte IGN ? Merci bien ! Tu disais que c’était facile ! Heureusement le site Géoportail nous aide à faire cela ! Je vous prépare un petit article sur le sujet !

Devenons (presque) expert en hydrogéologie !

Nous allons maintenant rentrer un peu dans le détail des facteurs à étudier lors de notre analyse du bassin versant.

Les régimes d’alimentation nous expliquent par quel biais les canyons sont principalement fournis en eau. Cela signifie que nos terrains de jeu favoris peuvent, en plus et ponctuellement, être alimentés par un autre mode. Il existe 3 régimes principaux.
Le premier et le plus évident est le régime pluvial. Comme son nom l’indique, ce sont les canyons qui sont alimentés par la pluie. Leur débit sont donc directement lié à la fréquence et à l’intensité des précipitations.
Le second est le régime nival, qui quant à lui est associé au canyons alimentés par la neige. On les retrouve évidemment dans les régions montagneuses. Ils se comportent d’une façon bien défini. Le débit sera à son paroxysme en début de période de fonte des neiges (Mars – Mai) avec des crues et du très gros débit. Puis il baissera progressivement avec l’été pour arriver généralement à son étiage à fin Août.
Le troisième et dernier régime est le régime glacière. Il se comporte globalement de la même façon que le nival à la différence près que la période de fonte est globalement plus longue (Mars-Novembre). Ces canyons sont généralement inaccessible avant l’automne car le débit est bien trop important. Par ailleurs, il faut être bien équipé lorsque l’on rentre dans ce type de canyon car l’eau y est … Glaciale.

La forme du bassin, le réseau hydrographique et topographie : Ces trois facteurs influencent principalement la vitesse de ruissellement de l’eau et donc le temps qu’elle mettra pour arriver dans le canyon.

Si le bassin est concentrique, c’est à dire arrondi, alors le ruissellement sera plus rapide que pour un bassin plus ovalisé, plus allongé. La crue arrivera plus vite dans le premier cas que dans le second.

De la même manière, l’eau est plus rapide lorsqu’elle coule dans un torrent plutôt que sur la terre. Donc si le bassin versant abrite de nombreux cours d’eau secondaire la crue sera plus rapide que s’il n’existe aucun ruisseau.

Un autre facteur influençant grandement la vitesse de ruissellement est la topographie du terrain. Et oui, plus le terrain sera pentu, plus l’eau ruissellera vite et arrivera vite dans le canyon… ça coule de source !

C’est entre-autre pour ces raisons que les crues ou les augmentations de débit peuvent advenir immédiatement ou plusieurs jours après les dernières précipitations.

La géologie du canyon : Là, on est sur un gros morceau ! On va simplifier au maximum et nous développerons le sujet plus en profondeur dans un autre article. Nous retrouverons dans nos montagnes des roches imperméables et des roches perméables.

Si la roche est imperméable comme le granite, alors l’augmentation du débit sera immédiate dans le canyon. La niveau d’eau sera également le même en fin de course qu’au début de celle-ci. On ne devrait pas trouver de résurgence.

Inversement, si la roche est perméable, comme le calcaire, le débit peut potentiellement augmenter au fur et à mesure du canyon. En effet, l’eau peut, dans ce type de roche, se frayer un chemin d’un versant à l’autre dans les cas les plus extrêmes. Cela signifie que s’il pleut sur le versant opposé à mon canyon une partie de l’eau finira par alimenter mon terrain de jeu ! C’est un cas typique des Pyrénées. C’est un élément important à prendre en compte pour éviter de se faire surprendre par une crue. Il faudra donc agrandir de manière adéquate la zone géographique à analyser.

On retrouve cette analyse dans les milieux dit karstiques. Ce sont des milieux dans lesquelles se sont creusées des réseaux de canaux souterrains. Ce dédale permet à l’eau de se déplacer facilement et rapidement d’un point à l’autre.

Le couvert végétal : Il a une influence non négligeable sur l’évolution du débit d’eau dans le canyon. Suivant le type de végétation qui entoure la course la quantité d’eau qui va ruisseler sera différente. En effet, grande nouvelle, les arbres ont besoin d’eau pour vivre ! Ils vont donc absorber une partie de la pluie. Mais ce n’est pas tout ils vont également en intercepter une partie sur leur feuillage et la rendre à l’atmosphère : c’est l’évapotranspiration. Enfin une dernière partie de l’eau de pluie va être absorbée par le sol et ce pourcentage va évoluer en fonction de la nature du sol (sable, pierrier, terre meuble, argile,…). Une étude d’Aurelien BANSEPT pour les services Eaux et Forêts du CNPF nous permet de mettre des valeurs sur ces facteurs. Les chiffres qui nous intéressent particulièrement sont ceux du ruissellement et de l’absorption. Attention tout de même, ces pourcentages sont des estimations. Ils nous aiguillent mais doivent être analysés avec une grande prudence. Par mesure de sécurité, il peut être bon de considérer que toute la pluie tombée va se déverser dans le canyon.

La théorie de l’éponge : cette théorie permet de bien imaginer comment évolue le sol en fonction des pluies. Je vous l’explique. Lorsque que vous partez en vacances pendant longtemps l’éponge de votre évier s’assèche complètement. En rentrant, vous mouillez l’éponge pour faire la vaisselle. Pendant quelques secondes l’eau ruisselle sans pénétrer l’éponge. Puis petit à petit l’éponge se gorge d’eau jusqu’à être complètement remplie, du coup l’eau ruisselle à nouveau sans pouvoir y pénétrer. La métaphore est tout à fait pertinente. Après une longue période de sécheresse, les pluies ne s’infiltrent pas et déferlent dans le canyon rapidement. Lorsque le sol est légèrement humide, les pluies pénétrent et le ruissellement sera moins important. Enfin après de fortes pluies fréquentes, le sol est déjà gorgé et nous observerons un fort ruissellement.

Qui a dit que l’analyse était facile ?! Amusez-vous bien !

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